Un petit carnet d'exploration pour aller un peu plus loin
Dans les étapes précédentes, tu as appris à ne plus rester uniquement focalisé sur ce qui te manque, à remettre ton attention sur ce que tu désires vivre pour mobiliser l'énergie et les émotions dans le bon sens, à observer ce que cela produit en toi et à repérer les résistances ou les types de croyances limitantes que cela peut révéler.
Ce bonus vient en complément de ce premier niveau de travail pour ouvrir sur un autre niveau qui peut s'avérer utile d'explorer en complément.
Il ajoute simplement une question : parfois, ce que nous désirons obtenir n'est pas exactement ce dont nous avons le plus besoin.
L'objet du désir peut être une vraie réponse à un besoin. Mais il peut aussi être une solution que notre mental a identifiée pour calmer la tension psychologique et physique qu'est le manque, sans forcément répondre complètement à ce qui se joue derrière.
L'idée n'est donc pas de remettre en question ce que tu souhaites.
Juste de creuser un peu.
La question centrale : derrière ce que je désire, qu'est-ce que je cherche vraiment à vivre ou à ressentir ?
Choisis la forme de manque qui génère de l'insatisfaction, de la frustration ou de la morosité, actuellement ou de façon récurrente.
Observe ce qui se passe en toi quand tu formules cette envie.
Ressens-tu surtout la tension de ce qui n'est pas là, l'urgence de l'obtenir, la peur que cela n'arrive pas ?
Ou la représentation de ce que tu souhaites fait-elle apparaître davantage d'envie, d'ouverture, d'élan, de plaisir ou d'enthousiasme ?
Imagine maintenant, pendant quelques instants, que tu as obtenu ce que tu souhaites. Ne cherche pas à savoir comment cela arriverait. Considère simplement que c'est déjà là et ce que ça te fait vivre et ressentir.
Derrière un désir de relation par exemple, il peut y avoir l'envie de se sentir aimé, choisi, rassuré, désiré, relié à quelqu'un ou moins seul.
Derrière un désir d'argent, davantage de sécurité, de liberté, de confort ou de reconnaissance.
Derrière un changement de travail, du sens, de l'autonomie, de la stimulation, de la créativité ou le sentiment d'être à sa place.
Le désir donne souvent une forme précise à ce que nous voulons obtenir et un élan d'y arriver.
Le besoin se situe un peu plus en profondeur : il correspond davantage à ce que nous cherchons à restaurer, protéger, développer ou ressentir dans notre vie.
Quels mots résonnent le plus avec ce que tu viens d'écrire ?
Ce que tu désires peut être une vraie façon de nourrir ton besoin. Mais ce n'est pas forcément la seule.
Le manque a tendance à réduire notre champ de vision et à nous faire croire qu'une personne, une situation ou un résultat précis est la condition indispensable pour aller mieux.
Il ne s'agit pas de renoncer à ce que tu désires, mais de vérifier s'il existe d'autres chemins, complémentaires, qui pourraient eux aussi nourrir une partie du besoin sous-jacent identifié.
Est-ce que ce que je désire est réellement capable de nourrir ce besoin ?
Quelles autres pistes pourraient elles aussi nourrir ce besoin, même partiellement ?
Relis maintenant ce que tu as écrit. Ton désir est peut-être exactement le même qu'au début. Mais ta façon de le regarder peut avoir changé.
À quel point ce manque prenait-il de la place avant cette exploration ?
Cet exercice peut déjà modifier la manière dont tu vis un manque, parce qu'il t'aide à ne plus confondre automatiquement ce que tu veux obtenir, parfois par compensation superficielle, avec ce que tu cherches profondément à nourrir.
Mais il ouvre aussi une autre porte. Certains manques reviennent régulièrement. Certaines situations nous mettent beaucoup plus sous tension que d'autres. Certaines personnes ou certains résultats prennent parfois une importance telle que nous avons l'impression que notre équilibre dépend d'eux.
Derrière cela peuvent se trouver des habitudes émotionnelles, des croyances, des stratégies de protection, des mécanismes de compensation ou des façons anciennes de rechercher la sécurité, l'amour, la valeur, le lien ou la reconnaissance.
Comprendre ces mécanismes demande d'aller plus loin dans la connaissance de soi. Ce qui paraît parfois n'être qu'une difficulté du quotidien peut toucher à des rouages plus profonds, à régler, réajuster, de notre fonctionnement psychologique, voire spirituel, en rapport avec notre histoire et notre manière d'entrer en relation avec la vie.
Ce sera l'objet d'un autre niveau d'exploration, plus approfondi, que je proposerai ultérieurement.
Pour l'instant, garde surtout cette question avec toi : quand quelque chose me manque, qu'est-ce que je cherche réellement à vivre ou à nourrir derrière ce que je crois devoir obtenir ?